Elle est allée nue dans le salon, la bouteille et le verre dans une main, les comprimés dans l’autre. Elle a tout posé sur le plancher, au centre de la pièce, s’est assise en tailleur et a regardé dehors un instant : la nuit commence à peine à tomber, le ciel est violacé et tendre. Elle fait couler le vin, ouvre la boîte et avale d’un trait quatre comprimés, hésite, et engloutit finalement le reste. Avec un peu de café, ça passera tout seul. Puis elle compose le numéro, murmure leur message, tu as quinze minutes, s’allonge et ferme les yeux.
Elle a calculé le temps au plus juste. Seulement celui qu’elle croit à la Défense vient de sauter dans un train qui l’emmène à toute allure vers Londres. Il a tapoté sur son portable en partant, mais le réseau a fait la sourde oreille. Réunion, 2 retour 2m1 matin, je TM. Le message met des lustres à arriver. Quand son téléphone fait enfin un bip, il est sous la Manche, et elle dort depuis longtemps.
c'est hallucinant..d'où tu sors cette imagination débordante?...on est loin d'imaginer des histoires aussi captivantes juste en regardant une photo.On aurait tendance à rester là, bouche bée devant la beauté, et toi tu arrives, par surprise, et nous amène là où on s'y attend le moins...
RépondreSupprimerL'alliance photo/texte est une très trés belle réussite les filles..bravo!!
Cela me rappelle, si je puis me permettre,le magnifique livre d'Annie Ernaux et de son compagnon d'alors Marc Marie : "de l'usage de la photo". Aventure sensuelle et visuelle où le texte répond aux photos et vice versa pour nous raconte des histoires d'enchevêtrements de vêtements jetés au sol avant pendant ou après l'Amour.
RépondreSupprimerVotre travail est aussi poignant dans la forme et le fond. Le noir et blanc apporte une touche envoûtante faisant osciller le lecteur entre esthétisme et mystère, le choix des mots entre banalité et parfaite confusion. Bravo et merci pour cette émotion-là !!
Je n'ai pas lu l'ouvrage dont vous parlez, mais je suis très flattée que vous compariez ma plume à celle d'une nouvelliste comme Annie Ernaux. Merci...
RépondreSupprimerça coule, c'est sensuel de mots et d'image. j'en veux encore....
RépondreSupprimerHeureuse que la sensualité transfigure.
RépondreSupprimerHF (je ne suis pas la photographe)